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Les détroits contribuent à la stratégie européenne de réduction des émissions de gaz à effet de serre

Dans le cadre du projet PASSAGE, les territoires de détroits ont exprimé à la Commission européenne l’importance d’inclure le trafic maritime et le trafic terrestre qui lui est associé à la stratégie pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le long terme.

En octobre 2018, les partenaires du projet Interreg Europe PASSAGE – développé dans le cadre de l’Initiative des détroits d’Europe – ont adressé leur contribution à M. Miguel Arias Cañete, Commissaire européen pour l’action climatique et l’énergie. Ils ont notamment partagé les résultats de l’étude mise en œuvre dans le cadre du projet PASSAGE, qui met en évidence pour la première fois la contribution carbone des différents secteurs d’activité à l’échelle d’un détroit.

L’étude montre que, malgré les différences entre les régions de détroits, le trafic maritime représente une part importante des émissions de carbone dans ces territoires. A l’échelle du détroit du Pas de Calais, par exemple, l’un des détroits les plus fréquentés au monde, le trafic maritime représente 17% des émissions générées dans la zone transfrontalière. Une très grande partie de ces émissions provient du trafic maritime international, résultant de l'économie mondialisée. Les collectivités territoriales sont impuissantes quand il s'agit de réduire ces émissions, malgré l’impact qu'elles ont - notamment sur la pollution atmosphérique, la qualité de vie et la santé des habitants des territoires.

La directive européenne sur le soufre (Directive (UE) 2016/802) est une partie de la réponse à la problématique de la pollution atmosphérique, mais l'impact climatique du trafic maritime n'est pas encore pris en compte dans sa globalité. Le nouvel accord de l’Organisation maritime internationale sur les émissions provenant du transport maritime constitue une amélioration importante dans ce domaine, mais ce n’est que la première étape. Aussi, les partenaires du projet PASSAGE ont invité la Commission européenne à considérer clairement le trafic maritime comme l’un des domaines cruciaux d'amélioration pour réduire sur le long terme les émissions de gaz à effet de serre. Cela inclut bien entendu des réglementations renforcées, mais également des mécanismes décisifs dans le déploiement de carburants alternatifs pour le transport maritime, qui sont aujourd'hui loin derrière les fuels lourds traditionnels.

Les partenaires du projet PASSAGE ont également appelé à ce que le trafic maritime soit considéré dans sa globalité, non seulement en ce qui concerne les émissions produites en mer, mais également en ce qui concerne les émissions générées sur terre. En effet, l’étude carbone du projet PASSAGE a aussi démontré l’importance du trafic terrestre généré directement par les flux maritimes. Dans le détroit du Pas de Calais, on estime que 12% des émissions de carbone du territoire sont directement liées au transport terrestre depuis et vers les ports et le tunnel sous la Manche. Cela n'affecte pas seulement le climat, mais aussi directement la vie des habitants sur le territoire. C'est pourquoi les partenaires du projet PASSAGE appellent à un réel report modal de la route vers les voies ferrées ou les voies navigables, beaucoup moins polluantes. Ils considèrent que le développement de carburants alternatifs pour le transport routier est une opportunité, mais qu’il ne doit pas se faire aux dépens des investissements dans les infrastructures ferroviaires et les voies navigables reliées aux ports.

Enfin, l’étude mise en œuvre dans le cadre du projet PASSAGE a montré le manque d’accès public aux informations clés sur le trafic maritime. Que ce soit pour des arguments de défense et de sécurité ou parce que ces données ont été confiées à des entreprises privées, il n’est pas toujours possible pour les collectivités, les ONG, les chercheurs ou les simples citoyens d’avoir accès à des informations précises sur le nombre et les types de navires passant le long de nos côtes. En l’absence d’accès à ces informations, il est compliqué de mener des études satisfaisantes pour bien connaître la situation en matière de contribution du trafic maritime aux émissions de gaz à effet de serre. Les partenaires de PASSAGE appellent donc à une réglementation permettant l'accès public à ces données, considérant qu'elles présentent un intérêt général pour les citoyens européens et leurs représentants élus.

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